Nous manquons d’eau
Nous allons mourir de soif, les troupeaux vont mourir de soif: telle est la peur du peuple nomade qui a suivi Moïse (première lecture). Histoire ancienne, réalité contemporaine: comment ne pas entendre ici la détresse de ceux que l’on appelle aujourd’hui «les réfugiés climatiques», notamment en Afrique sub-saharienne, qui en raison des sécheresses à répétition perdent leurs moyens de subsistance? La crise est bien réelle: celle qui fait craindre pour la vie, celle qui met à mal la confiance en Dieu. Dieu veut-il notre mort? L’eau que Moise fera jaillir du rocher est le signe que Dieu n’abandonne pas son peuple. Tel un sourcier pour trouver de l’eau, Moïse, sur la parole de Dieu, va prendre son bâton. Ce bâton n’est pas une baguette magique mais l’instrument, le signe visible de l’action de Dieu qui ne laisse pas mourir son peuple.
C’est bien aussi d’eau et de soif qu’il est question dans l’évangile de la Samaritaine (évangile) mais les rôles semblent inversés: c’est Jésus, en plein midi et sous une chaleur que l’on imagine torride, qui demande à boire à une femme de Samarie. Cependant, au lieu de boire de l’eau, ils engagent un dialogue. La parole devient plus essentielle que l’eau, dévoilant les points clés d’une histoire personnelle: ses racines, ses histoires conjugales, ses croyances. Le dialogue qui s’engage est un itinéraire qui en révélant l’identité de Jésus, révèle la femme à elle-même.
Avec la Samaritaine, nous parcourons notre chemin de foi baptismale qui nous a conduits de la première interrogation: «Mais qui es-tu pour me demander à boire?» à l’affirmation au terme de l’échange: «Je sais qu’il vient, le Messie».
Ne laissons pas notre foi en stress hydrique, en manque de ressources vitales. Reconnaitre le Christ, source de la vie qui ne s’épuise pas, nous demande de renoncer à être notre propre source pour s’ouvrir à Lui.
