Discernement
Si distinguer ce qui est mauvais de ce qui est bien est relativement simple, en revanche, discerner entre deux biens lequel s’avère le meilleur est une véritable épreuve. C’est ce qui arrive au prophète Samuel qui doit choisir parmi les sept fils du roi Jessé, lequel sera le roi d’Israël (première lecture). Mais Dieu a transmis ses critères à Samuel: ne pas regarder l’apparence comme le font les hommes mais adopter le regard de Dieu, le regard du cœur. C’est donc le plus petit, David, dont le texte dit qu’«il avait de beaux yeux», qui recevra l’onction d’huile et deviendra roi.
C’est encore le regard du cœur qui est en jeu dans l’évangile de l’aveugle-né (évangile). Les pharisiens voient en ce mendiant aveugle le péché de ses parents. Autant dire que le regard est perverti: personne ne voit clair, ni le mendiant et ses parents, ni les pharisiens. Le fond de cette histoire est le procès engagé par les pharisiens contre Jésus. Ce procès porte sur la reconnaissance de son identité de «oint» de Dieu (ce que signifie le nom «Christ». On imagine aisément le climat de crainte et d’exclusion qui règne. Car en même temps que la vue, la parole aussi est malade. Or, dès que l’aveugle est guéri, il se met à parler, sans barrières, comme si ses digues intérieures créées par la peur et le rejet avaient lâché. Manifestement, les pharisiens n’écoutent pas l’homme guéri, lui qui pourtant sait d’un savoir d’expérience que Jésus est le Messie envoyé par Dieu.
Les Pères de l’Église ont vu dans ce texte une figure du baptême: la lumière qui est remise au baptême, prise au cierge pascal, est le signe de la transformation du regard: un regard du cœur afin de discerner ce qui est le meilleur pour nous-mêmes et pour nos frères. Souvenons-nous-en quand, lors de la Vigile pascale, nous chanterons: «Lumière du Christ, nous rendons grâce à Dieu!»
