Avec Dieu, choisir la vie
Au nom de la liberté des enfants de Dieu, la religion peut-elle se passer de règles? Suivant l’image qu’on se fait de Jésus, on peut être surpris ou conforté de le trouver encore plus exigeant que les scribes et les pharisiens dans les prescriptions que ceux-ci faisaient respecter. Mais pour Jésus il y a une perspective qu’il faut garder à l’esprit et qui justifie ses propos: celle du royaume des Cieux (évangile). Il ne faut pas vivre aujourd’hui sur terre comme si celle-ci devait subsister éternellement. Ce monde doit disparaître parce que les hommes sont appelés à une autre vie: celle du Royaume dont «le grand Roi» est Dieu lui-même. En replaçant son Père au centre de cette question des prescriptions, le Christ veut nous faire vivre en frères. On comprend alors que la justice qui doit marquer nos relations fraternelles ne relève pas d’un esprit juridique mais de la miséricorde.
Paul, dans la lettre aux Corinthiens, oppose aussi la logique des hommes à celle de Dieu. Ce n’est pas par les sens ou par la raison que l’on peut comprendre le salut de Dieu mais par l’amour qui vient de lui. Selon l’Apôtre, c’est la voie qui ouvre à la gloire de Dieu, autrement dit qui donne accès à son Royaume (deuxième lecture).
Déjà dans l’Ancien Testament, les livres de sagesse faisaient appel au cœur des hommes pour qu’ils agissent librement et fassent le choix de la fidélité envers Dieu. Ben Sira le Sage place son interlocuteur face à ses responsabilités puisque les commandements de Dieu ne sont pas au-dessus de ses forces mais son choix sera radical puisqu’il est question de vie et de mort.
À notre tour, écoutons la parole du Seigneur pour la mettre en pratique et nous chanterons avec le psalmiste: «J’observerai ta parole. Ouvre mes yeux, que je contemple les merveilles de ta loi» (psaume).
