Humble et pauvre
Au seuil de la Semaine sainte, l’Église fait mémoire de l’entrée de Jésus dans Jérusalem, venu célébrer la Pâque juive avec ses disciples.
Jésus avance librement au milieu des cris des foules qui l’acclament comme un roi (évangile), ces mêmes foules qui, quelques jours après, réclameront sa mort (évangile de la Passion). Quel contraste entre le paroxysme de la foule et la douceur dont est empreinte l’image de l’ânesse et de son petit qui accompagnent l’entrée de Jésus. Et combien est assourdissante la sobriété des paroles de Jésus répondant aux questions de Pilate sur son identité. Décidément, ce messie n’utilise pas les armes habituelles du pouvoir et du combat: pas de signes ostentatoires, pas de joutes verbales. Un antihéros, dirions-nous aujourd’hui. Ces récits nous montrent celui qui est le Messie, le Fils de Dieu, le Ressuscité … humble et pauvre, magnifiquement humain. De même, l’hymne aux Philippiens présente le Christ comme le serviteur des hommes (deuxième lecture). La puissance de Dieu ne peut plus être comprise et traduite comme une emprise ou un super pouvoir. L’expression «Dieu tout-puissant» que nous entendons dans la liturgie signifie que le Seigneur se met au service de la réconciliation de l’humanité et de la croissance de tout homme.
C’est dans la réalité de l’humilité de Dieu que la foi en la résurrection, qui est l’objet des fêtes pascales, s’élabore et oblige l’Église. La parole du prophète Isaïe indique en quelque sorte comment entrer dans cette attitude non violente et non surplombante: «Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute» (première lecture). Vivons l’ouverture de cette sainte semaine dans cette détermination sans faille à devenir des disciples qui écoutent la parole de leur Dieu humble et pauvre.
