Lazare, sors de ta mort !
«Je vais ouvrir vos tombeaux» (première lecture). Quel souffle contenu dans cette promesse: le souffle du Dieu des vivants, notre Dieu! L’apôtre Paul l’écrit d’une autre manière: c’est par l’Esprit qui a ressuscité Jésus que nous vivrons (deuxième lecture). Voilà la plénitude du dessein de Dieu: nous ne sommes pas destinés à la mort mais à la vie. Et pourquoi ne pas céder alors à une certaine euphorie missionnaire et crier cette éclatante nouvelle dans tous nos lieux de vie?
Mais avec l’histoire de Lazare (évangile), la vérité de la condition humaine nous rattrape: Lazare, l’ami de Jésus, le frère de Marthe et Marie, est malade, et Jésus n’arrive pas à temps. Devant la mort de Lazare, larmes et chagrin: Lazare est au tombeau, ses sœurs et Jésus lui-même le pleurent. La vie qui est enlevée à Lazare, la peine de ses proches, la mobilisation du voisinage pour apporter du réconfort ne sont en rien anecdotiques. C’est ce que nous appellerions « la vraie vie », celle qui nous arrive et sur laquelle nous peinons à mettre du sens: nos parents, nos amis, décèdent, nous connaissons le deuil et la tristesse, des proches sont malades… Il n’y pas ici de complaisance au malheur mais il y a réellement à considérer que l’annonce de la résurrection (et donc la mission) ne peut être détachée de la réalité de « nos corps mortels ».
Pour nous sortir de la mort, Jésus met au premier plan la confiance. D’abord sa propre confiance, intégralement acquise à son Père: «Je savais bien que tu m’exauces toujours»; ensuite celle qu’il suscite chez ses amis: «Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela?» Le Ressuscité rend possible une vie dans la confiance, une vie libérée car déliée des angoisses.
Jour après jour, et à tous les âges de notre vie, nous pouvons nous en remettre à Lui pour sortir de nos tombaux et vivre pleinement. Pâques est devant nous.
