Une veillée en quatre actes
Préparons-nous à veiller. Peut-être avons-nous connu ces antiques veillées où l’on se rassemblait pour évoquer ceux qui étaient au loin ou décédés. Lors de cette veillée pascale, nous allons aussi faire mémoire; cependant nous n’allons pas pleurer un mort mais acclamer un vivant car «Christ est ressuscité! »
Premier acte de la Vigile: la lumière. Le nouveau cierge pascal est allumé au feu nouveau. Nous marchons derrière lui et sa flamme se diffuse dans l’assemblée. Nous acclamons dans la joie (chant de l’Exultet) !a lumière du Christ. Nous pouvons avancer sans crainte dans l’existence car sa lumière éclaire nos nuits.
Deuxième acte: le cheminement des lectures bibliques. Pourquoi évoquer le passé si ce n’est parce qu’il concerne le présent. Quand nous entendons le récit de la Création (première lecture), nous pouvons comprendre aujourd’hui que concevoir la Création sans Dieu revient à mettre l’homme en situation de toute puissance, conduisant à la destruction des ressources (cf. Laudato si, n°67). Ce périple biblique nous entraîne jusqu’à l’évangile de la résurrection: deux femmes vont au tombeau où le corps de Jésus a été déposé et le tombeau est vide. Premier témoignage paradoxal de la résurrection qui éclaire notre présent: des femmes, et non les apôtres, qui ont pour toute preuve un tombeau vide et les paroles d’un ange.
Troisième acte: le baptême. Écoutons la bénédiction de l’eau qui raconte l’histoire du Salut depuis l’origine. Les catéchumènes s’avancent et sont baptisés avec cette eau, puis ils reçoivent l’onction (saint chrême) pour être confirmés. Ils sont maintenant au terme de leur initiation chrétienne qu’ils ont entamée depuis de nombreux mois car, dans quelques instants, ils prendront part avec les autres fidèles au repas du Seigneur.
Quatrième acte: l’eucharistie, le sacrement pascal. Quand nous communierons, croyons que l’hostie que nous recevons est le Corps du Seigneur ressuscité. Partageant son Corps, nous avons déjà part à sa résurrection qu’II nous envoie annoncer.
