Pour la multitude
Qui a droit à l’Évangile? À qui est adressée la Bonne nouvelle du Salut? Qui peut prétendre à la miséricorde divine et aux merveilles de Dieu? Ce sont les questions qui semblent dominer dans les trois lectures de ce jour. La réponse est toujours la même: tous, sans omettre l’étranger et l’exclu, sans discrimination d’origine, quelles que soient les nations, les chemins de foi, les différentes religions de chacun, tous sont bénéficiaires du Salut.
Jésus reçoit de la Cananéenne l’appel à donner sa parole et les signes qui l’accompagnent, non seulement aux brebis perdues d’Israël mais à celles qui ne font pas partie du Peuple saint (évangile). Paul, à la suite du Maître, s’est fait l’apôtre des nations; il a fait entrer les nations païennes dans la foi et la miséricorde; aussi espère-t-il que ses frères dans la chair soient touchés par ce signe de vrai salut (deuxième lecture). Dans la vocation d’Israël, la promesse de Dieu était déjà inscrite: «Les étrangers, je les conduirai à ma montagne sainte» et leurs prières comme leurs holocaustes sont agréés par Dieu dans sa maison (première lecture)! Bouleversant message du salut que le psalmiste affirme et chante avec foi: «Ton chemin sera connu sur la terre, ton salut, parmi toutes les nations» (psaume).
Comment pourrions-nous rester «étrangers» à une telle volonté du Seigneur? Volonté qui n’est pas annexe dans les Écritures, pas plus que le dialogue des religions et celui de l’Église avec le monde. Nous ne pouvons rester dans un entre-soi, alors que la Parole doit retentir aux quatre coins de l’univers, pour le salut et la miséricorde de chacun. Des questions se posent aujourd’hui, d’ordre social et fraternel, concernant l’accueil des étrangers et des migrants. Un chemin pastoral est à prendre dans la manière d’accueillir, quelle que soit sa demande, la Cananéenne d’aujourd’hui qui frappe à la porte de l’Église. le Christ a donné sa vie pour Ia multitude et il enjoint ses disciples de faire cela en mémoire de lui. C’est bien ce que nos eucharisties annoncent et célèbrent.
