Face aux tempêtes de l’existence
Après la Transfiguration, nous nous retrouvons à nouveau sur une montagne, celle de l’Horeb avec Élie (première lecture) et la montagne près de la mer de Galilée avec Jésus (évangile). L’un fait l’expérience de la présence de Dieu; l’autre s’est mis à l’écart pour prier, être seul en présence de son Père. Le prophète fait face à l’ouragan, au tremblement de terre, au feu; le Christ marche sur la mer pour rejoindre ses disciples dont la barque est battue par les vents. Élie découvre la présence de Dieu dans le murmure d’une brise légère. Jésus, faisant tomber le vent, est manifesté en son humanité comme le Fils de Dieu. Élie aurait pu être effrayé par le déchaînement des éléments mais il a eu foi dans la parole de Dieu qui lui demande de se tenir dehors car il va passer. Dans l’évangile, les disciples sont bouleversés en prenant Jésus pour un fantôme et, apeurés, ils crient. Pierre, voulant s’assurer que c’est bien Jésus, s’avance sur l’eau mais prend peur et manque de foi face à la force du vent.
De son côté, saint Paul connaît lui aussi une douleur incessante, une grande tristesse devant l’apparent échec de la bonne nouvelle du salut qu’Israël n’a pas encore accueillie (deuxième lecture).
Quand tout se déchaîne, l’homme a peur. Quand les vents sont contraires, la crainte s’empare de chacun. Quand l’imprévisible frappe aveuglément, quand les bouleversements du monde détruisent la vie et l’être, tous sont effrayés et atterrés. Qu’apporte alors de plus la foi et à quelles transformations devons-nous consentir? Nous devons consentir à la confiance qui porte un autre regard sur la réalité et qui sait lire les signes des temps; à la fidélité qui sait déceler la présence de Dieu au-delà de toute détresse; au courage et à la force d’affronter les vents contraires en espérant contre toute espérance. Cette foi qui affirme simplement: «J’écoute: Que dira le Seigneur Dieu? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple» (psaume). Notre eucharistie sera le don de sa paix à nous qui faisons face aux tempêtes de nos existences.
