L’irruption de l’Esprit crée le monde nouveau
D’après les Actes des Apôtres, c’est au cinquantième jour après Pâques qu’eut lieu une effusion décisive du Saint-Esprit sur l’Église naissante (1e lecture). Notre fête de la Pentecôte la commémore et la célèbre. Elle correspond à la Pentecôte juive, fête des prémices de la moisson. Elle est la conclusion du Temps pascal, qui est une fête s’étendant sur cinquante jours. Elle exulte d’une allégresse qui fait sans cesse retentir l’alléluia: «Oui, louez le Seigneur, car il a fait des merveilles!» Mais désormais, ces merveilles, qui viennent après un confinement de cinquante jours pour les disciples, vont être annoncées à toute la terre, en commençant par Jérusalem. C’est là en effet qu’a eu lieu l’événement source du salut: la mort et la résurrection du Christ; c’est de là que va s’étendre la diffusion de cette vie nouvelle jusqu’aux limites de la terre. l’action de l’Esprit Saint ne connaît pas de frontières, elle s’offre à l’humanité de tous les pays et de tous les siècles.
Ses prémices sont présentées dans les lectures de la Vigile: quatre sont tirées de l’Ancien Testament. la lecture du Nouveau Testament tirée de la lettre aux Romains rappelle que «la création tout entière gémit dans les douleurs d’un enfantement qui dure encore» car la vie nouvelle des sauvés a aussi un impact sur la nature. Mais cette vie nouvelle concerne en premier lieu les humains en qui l’Esprit a commencé à habiter (2e lecture de la messe de la veille au soir). Cela ne supprime aucunement les souffrances du monde et des hommes. Mais dans les gémissements qui s’y élèvent douloureusement, on peut aussi voir le travail d’un accouchement qui fait naître un monde renouvelé.
Le don de l’Esprit a commencé à Pâques (évangile). Mais il ne touchait d’abord qu’un petit groupe de disciples. Au cinquantième jour, l’Esprit en fait des porteurs du feu qui va embraser le monde.
