Aimer, greffés sur Jésus
«Qui vous accueille m’accueille» (évangile). Accueillir Jésus dans sa propre maison, auprès de sa belle-mère, a certainement été un évènement marquant pour Pierre. D’ailleurs Jésus s’est montré attentionné et reconnaissant: ne l’a-t-il pas guérie (Matthieu 8, 15)? Il a été accueilli comme juste, comme prophète, il a sûrement reçu ce «verre d’eau fraîche » et bien plus encore. Le prophète Élisée remercie pour l’accueil par l’annonce de la naissance d’un fils, et ouvre à la vie (première lecture). Alors pourquoi Jésus nous demande-t-il, de le préférer à notre père, mère, fils ou fille?
Paul nous donne une clé de compréhension (deuxième lecture). Il exhorte les chrétiens de Rome à mener une vie nouvelle, parce que tous ont été unis au Christ par le baptême. Pensez que vous êtes vivants, s’exclame Paul. Nous le serons, vivants, à partir de celui qui nous procure la vie. Paul désirait revêtir les sentiments du Christ, devenir un «autre» Christ. Mener une vie nouvelle, c’est mourir à un style de relation et d’affection qui trouve son centre uniquement en soi-même, c’est aimer en Jésus, greffé sur lui.
Ainsi, le fondement de mon amour pour mon prochain sera enraciné en Jésus et non en moi, avec mes forces, mes affects, mes appréciations ou rejets. Être digne de porter le nom de chrétien, c’est donc porter un regard, une affection, un amour passé au filtre de mon amour pour Jésus. Nous sommes invités à prendre la résolution de porter une sorte de lunettes de correction, un vitrail lumineux qui corrige les imperfections de nos regards et jugements.
«L’amour du Seigneur» est sans fin, chante le psalmiste (psaume). En effet, cet amour est éternel, car Dieu charge sur nos épaules la responsabilité d’être des vivants amoureux de lui, d’être prolongement de son amour pour nos frères. La mission est rude, bien souvent crucifiante: elle mène notre égocentrisme au tombeau; prendre sa Croix s’incarne dans notre quotidien. Courage! Nous sommes « vivants » pour Dieu, en Jésus Christ.
