La remise des clefs
Depuis le début de sa Lettre aux Romains, Paul développe le salut par la foi qui vaut pour les Juifs comme pour les païens. La foi est le véritable enjeu devant conduire à la réconciliation entre Israël et les Nations. Il conclut sa réflexion par l’hymne à la sagesse de Dieu: «Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu! » (deuxième lecture). Cette hymne est comme une doxologie (acclamation à la gloire de la Trinité), comparable à la finale d’une Prière eucharistique: «Par lui, avec lui et en lui…»
Quand, dans sa grande sagesse, Dieu donne des clefs à de simples hommes, c’est le signe qu’il remet entre leurs mains son propre pouvoir. Ainsi pour Éliakim à qui il pose sur l’épaule la clef de la maison de David (première lecture); ainsi pour Pierre à qui le Christ promet de remettre les clefs du royaume des cieux (évangile). La clef ouvrira ou fermera, le pouvoir pourra lier ou délier. C’est aussi la clef de la connaissance qui ouvre le trésor et la richesse de la sagesse de Dieu. La clef, également, ouvre la porte pour vivre l’hospitalité, la possibilité offerte de ne laisser personne dehors. La clef est le témoignage de cette Église qui ouvre et protège, car lorsque la clef ferme, c’est pour la défense dont le plus fragile a besoin, afin que «même la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.»
La figure d’Éliakirn nous renvoie à Pierre. Son nom signifie « celui que Dieu établira » et Pierre est celui que Jésus établit à la tête de son Église; Éliakim est chef de la maison du roi et son serviteur; Pierre est cette pierre sur laquelle le Christ veut bâtir son Église. À celui à qui est remise la clef et qui est établi dans sa mission, une responsabilité importante est confiée: ouvrir ou fermer, lier ou délier… Ô sagesse de Dieu, qui s’en remet à une si fragile humanité!
